Hendrix au Maroc : le mythe démonté, et la vraie histoire de Jajouka
Hendrix n'a jamais joué au Maroc. Castles Made of Sand date de 2 ans avant son voyage. La vraie histoire musicale, c'est Brian Jones à Jajouka en 1968.
Hendrix au Maroc : le mythe démonté, et la vraie histoire de Jajouka
« Castles Made of Sand » a été enregistrée le 29 octobre 1967 aux Olympic Sound Studios de Londres. Hendrix a mis les pieds au Maroc fin juillet 1969. Fais le calcul : la chanson date de deux ans avant le voyage. Et pourtant, son titre reste cloué sur une plaque en bois au café de Diabat.
Tout ce que tu crois savoir sur Hendrix au Maroc est faux. Mais la vraie histoire musicale — celle de Brian Jones, d’un magnétophone portable et d’une nuit dans les montagnes du Rif — est infiniment plus intéressante.
Les cinq mythes démolis
Mythe 1 : Hendrix a acheté une maison à Diabat
Faux. L’expert de Hendrix Caesar Glebbeek (UniVibes #49, avril 2005) a mené l’enquête la plus rigoureuse sur ce voyage. Son verdict : Hendrix n’a probablement même pas visité Diabat. Glebbeek cite un Washington Post (21 janvier 2001) et les notes d’un CD (Morocco: Crossroads of Time, Ellipsis Arts, 1995) comme propagateurs du mythe. Son commentaire est lapidaire : « Qu’est-ce que Jimi Hendrix allait faire d’une île ?! »
Un blogueur nommé Nadaka (View from Fez, 23 juin 2017) rapporte avoir connu en 1974 un Marocain sosie de Hendrix vivant à Diabat, habillé comme lui, portant une guitare. Explication plausible des « témoignages » locaux. Source unique, anecdotique — mais plus crédible que toutes les légendes.
Mythe 2 : « Castles Made of Sand » inspiré par les ruines d’Essaouira
Chronologiquement impossible. La chanson figure sur Axis: Bold as Love, sorti le 1er décembre 1967 au Royaume-Uni (Track Records) et le 15 janvier 1968 aux États-Unis (Reprise). Le voyage au Maroc date de juillet 1969. La légende locale attribue l’inspiration aux ruines du Bordj El Berod (Dar Sultan), tour de guet du XVIIIe siècle ensablée près de la plage d’Essaouira. Coïncidence visuelle, rien de plus.
Mythe 3 : des jam sessions avec des musiciens gnaoua
Faux. Hendrix n’a pas emporté de guitare — il était en vacances (Glebbeek, UniVibes). Aucun enregistrement, aucune photographie, aucun témoignage crédible. Collette Mimram, interrogée par Glebbeek sur l’affirmation de David Henderson (Voodoo Child, p. 321) selon laquelle « ils étaient suivis par plusieurs hommes étranges partout », a répondu : « That’s total bullshit! »
Mythe 4 : plusieurs voyages au Maroc
Faux. Hendrix n’a visité le Maroc qu’une seule fois (Glebbeek). Les sources qui prétendent « several trips » ou qu’il « a vécu ici par intermittence pendant quelques années » sont démenties.
Mythe 5 : Chez Sam et autres revendications
Le restaurant « Chez Sam » à Essaouira affiche une photo dédicacée datée de 1963 — six ans avant la visite. Et selon Glebbeek, le restaurant n’existait pas en 1969.
Ce qui s’est vraiment passé : environ une semaine, un hôtel 4 étoiles
Hendrix arrive à Casablanca vers le 28-29 juillet 1969 (Glebbeek ; Cross, Room Full of Mirrors : « neuf jours en Afrique du Nord » incluant une escale à Paris). Il est accompagné de Deering Howe et d’un ami. Collette Mimram et Stella Douglas — toutes deux d’origine marocaine, installées à New York — se trouvent déjà sur place.
Hendrix loue une limousine avec chauffeur à Casablanca (Glebbeek via Howe). Il visite Casablanca, Marrakech et Essaouira. Il séjourne à l’Hôtel des Îles à Essaouira — seul hôtel formellement identifié par Glebbeek. Le Riad Al Madina (ex-Hôtel du Pacha) revendique aussi son passage : Glebbeek qualifie cette affirmation de « bogus claim ».
Retour à New York vers le 7 août 1969 — onze jours avant Woodstock.
Un détail troublant : dans le documentaire PBS American Masters: Jimi Hendrix — Hear My Train A Comin’ (Bob Smeaton, 2013), Collette rapporte qu’une voyante marocaine annonça à Hendrix qu’il ne lui restait pas beaucoup de temps. Il la crut (confirmé par Adam Shatz, New York Review of Books, 9 janvier 2014). Il est mort treize mois plus tard.
Zéro photo, un million de touristes
Il n’existe pas une seule photographie de Hendrix au Maroc. Pas une. Et pourtant son visage est sur chaque mur d’Essaouira — fresques, t-shirts, mugs. À Diabat, un village qu’il n’a probablement jamais visité : le Café Jimi Hendrix (qui affiche davantage de photos de Bob Marley que de Hendrix — Graham Reid, elsewhere.co.nz) et le Jimi Hendrix Hotel (~25 $/nuit, ~25 ans d’existence).
Essaouira a accueilli plus d’un million de touristes en 2024 avec plus de 3 millions de nuitées (Ridouane Khan, Conseil régional du tourisme, janvier 2025 ; Morocco World News). Le Festival Gnaoua et Musiques du Monde, créé en 1998 par Neila Tazi, attire jusqu’à 500 000 visiteurs par édition et génère environ 240 millions de dirhams (~22 M€) de retombées économiques (étude Valyans Foundation ; Médias24 : impact cumulé 1,7 milliard de DH sur 16 éditions).
Matthew Clayfield (Medium, 2018) observe le paradoxe : « Même l’industrie artisanale Hendrix s’avère être une sorte de mythe — créé par les gens qui entreprennent de démystifier les mythes Hendrix. »
Le vrai du faux
Le mythe : « Hendrix a vécu à Essaouira, joué avec les gnaoua, et écrit ‘Castles Made of Sand’ en regardant les ruines sur la plage. »
La réalité : Environ une semaine au Maroc, en limousine avec chauffeur, sans guitare, hôtel 4 étoiles. Pas de concert, pas d’enregistrement, pas de jam session. La chanson date de deux ans avant le voyage. Aucune photo n’existe. Le seul moment mystique documenté ? Une voyante marocaine qui lui prédit sa mort. Lui, il l’a crue.
La vraie histoire : Brian Jones à Jajouka
Maintenant qu’on a vidé la légende — voici la vraie histoire musicale du Maroc et du rock occidental. Et elle est infiniment plus intéressante.
La chaîne de transmission
Tout commence en 1950, quand le peintre Brion Gysin et l’écrivain Paul Bowles entendent les Maîtres Musiciens lors d’un festival soufi à Sidi Kacem. Gysin dira vouloir écouter leur musique chaque jour de sa vie.
Le lien avec le village passe par Mohamed Hamri (1932-2000), peintre originaire de Jajouka, dont la mère appartenait à la famille Attar et l’oncle dirigeait l’ensemble. En 1954, Gysin ouvre le restaurant Les 1001 Nuits à Tanger, avec Hamri et des musiciens de Jajouka en rotation. William S. Burroughs, un habitué, les qualifie de « groupe de rock’n’roll de 4 000 ans ».
Brian Jones, fondateur des Rolling Stones, rencontre Hamri lors d’un voyage au Maroc en 1967 — le même séjour où Anita Pallenberg le quitte pour Keith Richards entre Barcelone et Valence (Richards, autobiographie Life, 2010).
La nuit d’enregistrement : août 1968
Jones se rend à Jajouka début août 1968 (joujouka.org donne le 2 août ; la durée fait débat — une ou deux nuits). Il est guidé par Gysin et Hamri, accompagné de sa petite amie Suki Potier et de l’ingénieur du son George Chkiantz (Olympic Studios, Londres — le même studio où Hendrix enregistrait).
Jones utilise un magnétophone portable Uher à deux pistes alimenté par batterie (joujouka.org ; Far Out Magazine). Les musiciens — plus de vingt, utilisant des rhaïtas (hautbois doubles), des tebels (tambours en peau de chèvre), des flûtes et des gimbris — recréent des éléments de leur festival annuel, incluant la suite du Boujeloud, la danse de l’homme-chèvre.
Jones revient avec 5 à 6 heures de matériel (Chkiantz, Record Collector). Il voulait initialement ajouter des solos de guitare. Chkiantz l’en dissuade : « Je pensais que nous étions devenus les dépositaires de son histoire. »
Le compromis est remarquable : Face A — traitement psychédélique (phasing stéréo, écho, haut-parleur Leslie, superposition de pistes) ; Face B — quasiment brute, avec réverbe uniquement sur la dernière mesure. Et un détail révélé par Frank Rynne dans Ugly Things (n°55, ~2020) : « Brian a pris deux, parfois trois chansons, et les a superposées. » La technique du cut-up — inventée par Gysin et Burroughs pour le texte — appliquée à la musique soufie. Brian Jones a inventé le remix avant le remix.
« That’s me! » — et la mort neuf mois après
Selon Gysin (source unique, rapportée par David Holzer dans Ugly Things), pendant le rituel du Boujeloud, une chèvre blanche est menée au sacrifice. Jones se lève et murmure : « That’s me! » Aucun autre témoin — Chkiantz, Potier, Hamri — n’a corroboré publiquement cette anecdote. Elle doit être prise pour ce qu’elle est : une histoire de Gysin, pas un fait vérifié.
Brian Jones meurt le 3 juillet 1969, noyé dans la piscine de Cotchford Farm, Sussex — ancienne maison de A.A. Milne, l’auteur de Winnie l’Ourson. Neuf mois après l’enregistrement. Verdict officiel : mort par mésaventure. La police du Sussex, après réexamen en 2009, n’a pas rouvert le dossier.
L’album qui a inventé la world music
Brian Jones Presents the Pipes of Pan at Joujouka sort le 8 octobre 1971 sur Rolling Stones Records (COC 49100). Les premiers pressages portent une erreur de titre : « Plays With » au lieu de « Presents ». Pochette : peinture de Mohamed Hamri montrant les musiciens avec Jones au centre. Notes de Jones : « Je ne sais pas si j’ai l’endurance pour supporter l’incroyable tension du festival. »
Réception initiale confidentielle. Robert Palmer (futur critique du New York Times) en rend compte dans Rolling Stone (14 octobre 1971). L’album est rapidement supprimé du catalogue. Pendant deux décennies, il circule entre collectionneurs, vinyle rare échangé de main en main.
Redécouverte progressive : The Wire l’inclut en 1998 (n°175) dans ses « 100 Records That Set the World on Fire (While No One Was Listening) » en position #33, le décrivant comme du « techno-primitive terror ». Rob Chapman dans Mojo (1999) le qualifie de « proto-dub masterpiece ». Le Daily Telegraph identifie les Maîtres Musiciens comme « le premier groupe de world music au monde ».
L’album est un objet étrange : une demi-heure de transe soufie montagnarde, produite par un Rolling Stone qui mourrait avant sa sortie, mixée avec les techniques d’avant-garde de la Beat Generation. Il n’existait rien de comparable en 1971. Il n’existe toujours rien de comparable aujourd’hui.
La réédition controversée de 1995
Philip Glass comme producteur exécutif. Quatre modifications contestées : orthographe changée de « Joujouka » à « Jajouka » ; peinture de Hamri remplacée par une photo de Bachir Attar ; notes de Gysin modifiées pour supprimer toute référence à Hamri (Gysin, mort en 1986, non consulté) ; royalties redistribuées. Frank Rynne et Joe Ambrose organisent des protestations aux concerts de Bachir Attar et de Philip Glass à Londres, New York et San Francisco.
Deux factions, un héritage disputé
Depuis les années 1990, deux factions revendiquent l’héritage des Maîtres Musiciens :
| Joujouka (joujouka.org) | Jajouka (jajouka.com) | |
|---|---|---|
| Direction | Ahmed El Attar + Frank Rynne | Bachir Attar (né 1964) |
| Effectif | 50+ musiciens | « Nous ne sommes plus que sept » (PleaseKillMe, 2020) |
| Faits marquants | Ouverture Pyramid Stage Glastonbury 2023 | « Continental Drift » avec les Rolling Stones (Steel Wheels, 1989) |
La tradition musicale, liée au saint soufi Sidi Ahmed Sheikh, est estimée à 1 000-1 300 ans. Le chiffre de « 4 000 ans » répété par Burroughs et Timothy Leary extrapole la théorie de Gysin reliant le Boujeloud au dieu Pan et aux Lupercales romaines. Les musiciens eux-mêmes la rejettent. Bachir Attar : « C’est juste une histoire qui vient de Brion Gysin. Ce n’est pas dans notre histoire » (PleaseKillMe, 2020). L’ethnomusicologue Tim Fuson (UC Berkeley) confirme : « Les Attar sont d’origine arabe, et les Arabes sont au Maroc depuis pas plus de 1 300 ans. »
La musique elle-même est une tradition de transe soufie Jbala — rhaïtas (hautbois doubles), tebels (tambours en peau de chèvre), liras (flûtes bambou), gimbris (luths à 3 cordes), chants en appel-réponse. La suite du Boujeloud — six mouvements contrôlant la danse de l’homme-chèvre — constitue la pièce centrale. Rien à voir avec les gnaoua d’Essaouira : ce sont deux traditions distinctes, de régions différentes, avec des instruments et des origines différents.
La veste de Woodstock était marocaine
Il y a quand même une vraie connexion entre Hendrix et le Maroc — mais personne ne la raconte.
La célèbre veste blanche à franges et perles de verre turquoise portée par Hendrix à Woodstock a été confectionnée par Collette Mimram et Stella Douglas, deux femmes d’origine marocaine installées à New York. Elles tenaient une boutique de maroquinerie au 321 East Ninth Street dans l’East Village (W Magazine, Joan Juliet Buck, octobre 2014). Parmi leurs clients : Miles Davis, Janis Joplin, Carlos Santana.
L’icône vestimentaire la plus célèbre de l’histoire du rock a été fabriquée par deux MRE avant l’heure. Le Maroc EST dans Woodstock — mais pas par la musique, par le vêtement.
Le vrai du faux
Le mythe : « Le lien entre Hendrix et le Maroc, c’est la musique gnaoua. »
La réalité : Le vrai lien, c’est la mode. La veste de Woodstock est marocaine. La musique, en revanche — zéro interaction documentée. Pendant que tout le monde cherche un fantôme dans les ruelles d’Essaouira, personne ne regarde la veste sur la photo la plus célèbre du rock.
Les vrais visiteurs musicaux
Paul Bowles (1910-1999) : le véritable pont entre musique marocaine et Occident. En 1959, bourse Rockefeller de 6 800 $, 60 heures d’enregistrements dans 23 localités du Maroc, pour la Library of Congress. Coffret Dust-to-Digital nommé au Grammy 2017.
Robert Plant et Jimmy Page : le cas le plus significatif d’influence musicale confirmée. Voyage sur la côte atlantique marocaine au début des années 70. Plant (MOJO, septembre 2010) : « ‘Kashmir’ came from a trip Jimmy and me made down the Moroccan Atlantic coast. » En 1994, retour à Marrakech pour le projet No Quarter : trois morceaux enregistrés avec des musiciens gnaoua menés par Maâlem Brahim El Belkani. Plant est l’un des rares à avoir véritablement collaboré et crédité les musiciens locaux.
Graham Nash (The Hollies) : visite le Maroc en 1966, prend le train Casablanca-Marrakech, quitte la première classe pour la troisième (Songwriting Magazine). En tire « Marrakesh Express ».
Cat Stevens à Essaouira : aucune preuve. Son site officiel qualifie son concert Mawazine de mai 2011 de « premier concert au Maroc ». Frank Zappa au Maroc : aucune preuve. Pas de concert, pas d’interview, pas de mention dans The Real Frank Zappa Book. Glebbeek résume le phénomène avec humour : « Jimi Hendrix, Cat Stevens et Bob Marley ont créé une commune au Maroc ! N’importe quoi, bien sûr ! »
Et au même moment, Nass El Ghiwane (formation vers 1970), Jil Jilala (1972), Lemchaheb (1974) — le triptyque de la musique de résistance marocaine pendant les « Années de plomb ». Scorsese les qualifie de « Rolling Stones d’Afrique » après avoir vu le film Trances (1981). Aucune interaction documentée avec les visiteurs occidentaux. Deux mondes parallèles.
Et aujourd’hui ?
Pendant que Diabat vend des t-shirts Hendrix, les vrais Maîtres Musiciens de Jajouka passent de cinquante à sept. La tradition soufie Jbala — rhaïtas, tebels, suite du Boujeloud — se meurt dans l’indifférence, pendant qu’un fantôme sans une seule photo génère des millions de dirhams de retombées touristiques.
Le Maroc n’a pas besoin d’un mythe. Il a sa propre musique — et elle est millénaire. Les enregistrements de Bowles (60 heures, 1959) et de Jones (une nuit, 1968) sont les vrais trésors. Le coffret Dust-to-Digital est accessible. L’album de Jajouka a été réédité. La musique gnaoua existe indépendamment de tout fantôme occidental.
Pour Ismaël, 25 ans, métis franco-marocain de Marseille, la leçon est claire : la fierté culturelle ne se construit pas sur des légendes importées. Elle se construit sur des faits. Et les faits disent ceci : deux Marocaines ont habillé Hendrix pour Woodstock, un Rolling Stone a traversé le Rif pour enregistrer une transe millénaire, et un Américain a sauvé en VW Coccinelle une musique que personne d’autre n’archivait.
Amina, 30 ans, à Lyon, peut partager trois faits vérifiables au prochain dîner de famille : la chanson date de deux ans avant le voyage, il n’existe pas une seule photo, et la veste de Woodstock est marocaine. Trois phrases suffisent pour remplacer un mythe par une fierté sourcée. C’est ça, l’esprit Moriginals.
Pour aller plus loin
- Beat Generation à Tanger : Burroughs, Kerouac, Bowles et l’Interzone
- Tanger internationale : 8 nations, 85 banques, la ville la plus folle du XXe siècle
- Les corsaires de Salé : quand le Maroc régnait sur les mers
- Vivre au Maroc : le guide complet pour MRE
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« Castles Made of Sand » date de 2 ans AVANT que Hendrix mette les pieds au Maroc. Il n’a pas joué de guitare, pas visité Diabat, et il n’existe pas une seule photo. Par contre, la veste de Woodstock ? Fabriquée par deux Marocaines de New York. Lis l’article : https://moriginals.org/culture/hendrix-maroc-mythe-brian-jones-jajouka/
Questions fréquentes
Hendrix a vraiment joué de la guitare au Maroc ?
Non. Hendrix n'a même pas emporté de guitare — il était en vacances. Aucun enregistrement, aucune photo, aucune preuve d'interaction musicale n'existe. Le spécialiste Caesar Glebbeek (UniVibes, 2005) a documenté le voyage et démenti toutes les légendes.
Castles Made of Sand est inspiré par Essaouira ?
Impossible. La chanson a été enregistrée en octobre 1967, près de deux ans avant le voyage de juillet 1969. La légende vient des ruines du Bordj El Berod sur la plage, qui ressemblent à des châteaux de sable. Coïncidence visuelle, pas de lien réel.
Jajouka et Joujouka, c'est le même village ?
Oui, un seul village dans les montagnes du Rif. L'orthographe varie selon la translittération. Les deux orthographes désignent aussi deux factions rivales de musiciens depuis les années 1990, chacune avec son propre management et ses collaborations internationales.
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Yazid El-Wali
Fondateur de Moriginals. Formation en gestion des instruments financiers, programme Goldman Sachs "10,000 Small Businesses" (ESSEC). Ancien banquier et expert-comptable, fondateur de plusieurs CFA en France.